vendredi 4 septembre 2009

Rétrospective du désastre

La beauté et l'horreur du drame de Robert Polidori

par Theonethat, pour la revue culturelle


Suspendue aux murs du Musée d’art contemporain, on retrouve la vision d'un photojournaliste sur les désastres dont le monde est affecté, nous documentant sur des lieux où nous n'irions même pas de notre propre chef. Il nous porte à ces endroits et avec timidité( ou honte pour certain,) nous apprécions cette désolation, l’ambiance de perte et de vieillesse. Notre conception de ces endroits mythiques ou dévastés change inconsidérablement, suite à la visite. La capture des pupitres, par exemple, ensevelis sous l'empressement des gens à quitter Tchernobyl suite au plus important accident nucléaire, nous donne la chair de poule.

Sans parler de la série de photos sur Versailles et son faux paraitre qui sont extrêmement accentués par les anachronismes comme les alarmes à incendie, dans certaines toiles. Dans cette série de photographies, on trouve celle d'une vaste pièce au mur vitrée, qui laisse pénétrer une lumière et illumine les couleurs ternes de la salle et peint quelques ombres sur les drapés. On palpe presque ici l’Attente. L’Attente d’un château luxueux qui devient doucement un attrait touristique. La technique de Polidori est très classique. Il utilise une caméra à grand format de cette façon, le grain de ses photos est délicat et nous avons l'impression de regarder la toile d'un grand artiste.

Cette rétrospective mérite d'être vue, selon moi, autant par de grands connaisseurs que par les néophytes de l'art. Il s'agit d'une esthétique qui touchera chacun. Un regard différent sur un monde et les effets du capitalismes. Robert Polidori, jusqu’au 7 septembre 2009.

250 mots



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